Extension du cimetière de Blancpigon (11/12/2023)

L'enquête publique sur l'extension du cimetière de Blancpignon aura lieu du 11 décembre 2023 au 10 janvier 2024.

Exprimez-vous, exprimons-nous.

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CONTRIBUTION d'ANGLET VERT OCEAN à l'EP

ANGLET VERT OCEAN, héritière des associations AdALA et AMIC , veille depuis plus de 65 ans au respect de l’environnement et au développement durable d’Anglet.

Nous avons bien examiné les documents fournis dans le cadre de l’enquête publique et avons bien compris l’obligation d’extension de la capacité de cimetière d’Anglet. Nous avons plusieurs recommandations. 

 En premier lieu nous demandons que soit examinée la solution des enfeux, en effet cette possibilité est largement utilisée dans le sud-est de la France. Elle présente l’avantage non négligeable grâce à sa forme de ruche, d’un gain de place important et répond aux problèmes de manque d’espace dans de nombreux cimetières. Cette solution résoudra également le problème des terrains ne permettant pas un enterrement classique et ainsi de réexaminer des hypothèses (cimetières existants ou emplacements disponibles) ayant été rejetées en raison des caractéristiques du terrain.

 Néanmoins si Blancpignon s’avérait être la seule solution viable, la mise à disposition d’enfeux doit être étudiée afin de réduire l’emprise au sol et minimiser la regrettable amputation  de la forêt du Pignada qui a déjà subi le terrible incendie de l’été 2020.

 Afin de minimiser ce préjudice conséquent pour l’environnement angloy (air et eau), nous demandons que cette amputation du Pignada soit compensée par des plantations de surface triple (si 2ha nécessaires alors 6ha de compensation ), sur le territoire d’Anglet,

·      pour une moitié dans la zone dite Espaces Proches du Rivage définie au PLU, ceci permettra ainsi de créer un ou plusieurs nouveaux secteurs boisés qui participeront à la lutte contre l’érosion littorale,

·      pour le reste dans d’autres secteurs proches du littoral, de l’estuaire et/ou des forêts existantes (continuité verte). 

Nous privilégions de nouvelles plantations pour que la superficie actuelle de terrain boisé (public ou privé) d’Anglet augmente après le déboisement lié au cimetière.  

Nous demandons que les terrains correspondant à la compensation (reboisés ou achetés) soient classés en EBC au PLU (Espace Boisé Classé)  

Notre association est à votre disposition pour définir ce ou ces nouveaux espaces arborés qui pourraient être situés, par exemple, le long de l’Adour sur l’espace « camping-cars », et/ou en continuité de la dernière dune des plages d’Anglet et/ou en remplacement partiel des prairies qui bordent le littoral entre le parc Izadia et Athlantal, ou encore sur les terrains Etchart, liste non exhaustive.

 Merci de votre écoute et de la prise en considération de notre contribution et requête.

Bien sincèrement,

Le Conseil d’Administration ANGLET VERT OCEAN.    

Article Sud-Ouest 22/02/2024

L’accroissement et le vieillissement de la population basque amènent les autorités locales à réorganiser leurs cimetières. Soit en les agrandissant, soit en les optimisant. Pas simple. Illustrations à Anglet et Villefranque

Mourir sera-t-il bientôt déconseillé au Pays basque ? On n’en est pas là. Mais la crise du logement, qui affecte les vivants, commence à gagner du terrain chez les défunts. Des cimetières sont déjà saturés. Et il va falloir absorber un surplus à venir.

Le dernier recensement de l’Insee de 2020 le confirme : la pression démographique sur le territoire nécessitera des ajustements. En l’espace d’un demi-siècle, la population s’est accrue de près de moitié (+46 %), pour approcher désormais des 320 000 habitants. Et ce n’est pas la natalité, en baisse constante sur le même intervalle, qui a imprimé la tendance, mais le solde migratoire, passé de +0,4 % par an à +1,2 %. Le vieillissement s’opère mécaniquement et les plus de 60 ans représentent maintenant près d’un tiers du total (32 %), un taux en hausse régulière depuis 2009. Il s’agit bien sûr d’une moyenne et certaines communes littorales affolent les compteurs de cheveux blancs, Ciboure en tête (45,45 %), avec Biarritz (43,8 %) et Saint-Jean-de-Luz (41,9 %) sur le podium.

Conséquence de cette évolution, le nombre de décès annuel, répertorié par l’institut statistique à partir de 2014, a flirté avec les 4 000 en 2022 (3 990). Il s’établissait à 3 139 huit ans plus tôt, soit un delta de 27 %. Tout cela ne poserait aucun problème de place, si la crémation suivait la courbe générale observée dans l’Hexagone. Or, et c’est l’autre spécificité d’un Pays basque aux rites funéraires catholiques encore ancrés, la progression de l’incinération y est plus faible qu’ailleurs. Quand la moyenne nationale dépasse les 40 %, celle d’ici culmine tout juste à 37 % (et sans doute moins, lire par ailleurs), avec des nuances Côte-intérieur.

Le cimetière ou la forêt

À certains endroits, cela coince déjà. C’est le cas d’Anglet. La ville de 42 000 habitants affiche 35,6 % de sexagénaires et au-delà. La mortalité a augmenté, passant de 370 personnes en 2014 à 481 en 2022. Soit + 30 %. Les trois cimetières municipaux, Louillot, Blancpignon et Saint-Léon, ne pourront bientôt plus suivre. La loi prévoit que « le terrain consacré à l’inhumation des morts (soit) cinq fois plus étendu que l’espace nécessaire pour y déposer le nombre présumé des morts qui peuvent y être enterrés chaque année ». Selon ce calcul, la cité aux sept clochers est « censée disposer de 1 750 places disponibles en terrain commun », précise le cabinet du maire, soit « une surface de 0,35 hectare ». Elle ne possède pour l’heure que le tiers de cette superficie.

Six demandes d’aménagement ou d’extension pour 2024

L’initiative de la création et de l’agrandissement d’un cimetière appartient aux mairies, ou aux intercommunalités lorsque la compétence leur a été transférée. Pour 2024, six communes ont déposé une demande de travaux d’aménagement ou d’extension de leurs cimetières, indique la préfecture des Pyrénées-Atlantiques : Aroue-Ithorots-Olhaiby, Arraute-Charritte, Cambo-les-Bains, Lacarre, Lantabat et Urt.

Le choix a été fait d’engager l’extension de Blancpignon. Sa capacité sera « pratiquement doublée » sur 30 ans (2 459 concessions, 11 columbariums et 327 cavurnes). Trois tranches de travaux sont programmées, pour un montant de 2 millions d’euros.

Le cimetière de Blancpignon et sa salle de cérémonie.Le cimetière de Blancpignon et sa salle de cérémonie.

Archives Bertrand Lapègue

« Cela fait depuis 2010 que l’État nous demande de nous adapter en fonction de projections du vieillissement de la population à 30 ans. Je ne suis élu que depuis 2014. Je me suis saisi de ce dossier, mais la dizaine de terrains qu’on a explorée posait des problèmes hydrologiques », précise l’édile, déminant la contestation en cours. Car le projet suscite quelques remous sur la forme, dans la mesure où il empiétera, pour 1,7 hectares, sur la forêt du Pignada bordant le cimetière. « On va trouver des compensations pour les arbres qui seront enlevés ». Confronté à la rareté du foncier, Claude Olive assume son choix, préférable à ses yeux à la verticalisation suggérée par ses opposants : « Les cercueils sur étages, ce n’est pas quelque chose d’acceptable culturellement ici. »

Nomenclature

Tout le monde n’est pas familier du vocabulaire funéraire. Voici quelques définitions.
L’inhumation, du latin inhumare, mettre en terre, est le fait d’enterrer le corps d’un mort, souvent selon des rites funéraires spécifiques. Par extension, le terme désigne aujourd’hui le dépôt du cercueil d’un défunt au cimetière, soit en pleine terre, soit dans un caveau, soit dans un cavurne (lire plus loin). De sens proche, le mot enterrement renvoie davantage à l’ensemble des funérailles ou obsèques, cérémonies organisées en l’hommage d’une personne décédée.
Le caveau est une construction maçonnée souterraine, pouvant accueillir un ou plusieurs cercueils en fonction de sa taille. Il ne doit pas être confondu avec une concession funéraire, emplacement délimité dans un cimetière ou un columbarium (lire plus loin), moyennant le versement d’une somme à la commune selon la durée de cette concession. Il est également distinct de la marbrerie funéraire, partie visible et personnalisée de la tombe.
La crémation est le processus de réduction en cendres du corps, par le biais d’une incinération. Les cendres sont accueillies par une urne cinéraire, qui peut être placée dans un columbarium, un cavurne ou gardées par la famille. Un columbarium, colombier en latin (construction abritant des pigeons), est un édifice spécialement conçu pour recevoir les urnes dans des niches individuelles. Un cavurne, contraction de caveau et d’urne, est un petit caveau destiné aux urnes.

Recensement délicat

À Villefranque, l’espace communal accueillant les sépultures a déjà été élargi une première fois en 2017, avec la création d’un cimetière paysager, complétant celui entourant l’église Saint-Jean-Baptiste. Pour éviter un nouvel agrandissement, la municipalité a choisi une autre stratégie : l’optimisation. « On applique en quelque sorte la loi ZAN (1) pour les cimetières », sourit au bout du fil le maire Marc Saint-Esteven. « Avec délicatesse », car le sujet est sensible, les services s’astreignent à un long travail de « recensement » des emplacements, afin de déterminer ceux que la commune pourrait récupérer et proposer à nouveau à la vente. Deux catégories sont concernées : les concessions non renouvelées depuis plus de deux ans et les concessions perpétuelles visiblement abandonnées. Dans le premier cas, les familles sont contactées par divers canaux et pourront régulariser leur situation au 31 décembre 2024. Ce sera fait pour une majorité d’entre elles, indique-t-on déjà en mairie.

Un second cimetière de plus de 180 concessions a été créé à Villefranque en 2017. Il s’agirait de ne pas l’agrandir tout de suite.Un second cimetière de plus de 180 concessions a été créé à Villefranque en 2017. Il s’agirait de ne pas l’agrandir tout de suite.

Archives Fabienne Gorostegui

Avec l’ensemble des caveaux délaissés et repris, ce sont tout de même une soixantaine d’emplacements qui pourraient au final se libérer (sur 424 en additionnant les deux cimetières). Ils s’ajouteraient à la dizaine encore non vendue. De quoi amener un peu de sérénité aux Milafrangar en fin de parcours et à leur entourage. Notamment ceux ne disposant pas de concessions familiales.

(1) Zéro artificialisation nette, loi visant notamment à lutter contre l’étalement urbain.

Une crémation encore résiduelle à l’intérieur

Selon l’Insee, 3 990 morts ont été enregistrés en 2022 sur le périmètre de l’Agglomération Pays basque. Dans le même temps, le crématorium de Biarritz, le seul dans le secteur, a transformé en cendres les corps de 1 489 personnes décédées. Ce qui donne un pourcentage d’incinération local de 37 %. Peut-être en réalité moins, dans la mesure où l’établissement accueille aussi des défunts du sud des Landes. Un taux en tout cas inférieur à la moyenne nationale (plus de 40 %).
À l’intérieur des terres, où la tradition catholique de l’inhumation reste très marquée, les chiffres de crémations sont mêmes beaucoup plus faibles. Les pompes funèbres de Garazi évoquent un petit 20 %. À Baigorri, on n’atteindrait pas les 5 %. « Et ce sont quasi exclusivement des gens de l’extérieur, la plupart du temps venus pour pratiquer la marche et qui font répandre leurs cendres dans la montagne. Les locaux ont tous leurs concessions familiales », y fait-on savoir.
Le choix est culturel. Surtout pas financier. Contrairement à une idée reçue, les cinq pompes funèbres interrogées par « Sud Ouest » sont formelles : la crémation coûte au moins aussi cher que l’inhumation. Entre 3 000 et 4 000 euros tout compris, selon les formules d’obsèques choisies et les structures. Ces montants englobent des prestations communes, facturées au même tarif (potentiellement variables en fonction des souhaits de chacun) : cercueil, frais de culte, porteurs, maître de cérémonie, corbillard et chauffeur, démarches et formalités, toilette mortuaire, capiton, mise en bière.
Dans le cas d’une incinération, la crémation à proprement parler vaut en moyenne 650 euros dans l’Hexagone selon la société spécialisée Senior Media. À Biarritz, la somme à débourser est précisément de 690 euros. S’y ajoutent deux autres frais spécifiques : l’urne et la dispersion des cendres (140 euros, toujours d’après Senior Media). Côté inhumation, il faut compter l’ouverture et la fermeture du caveau (442 euros) et le personnel (194). Dans ces conditions, la crémation serait même plus onéreuse que la mise en terre. Ce calcul ne tient toutefois pas compte pour l’inhumation de l’éventuel achat d’un emplacement au cimetière (entre 200 et 600 euros selon la durée) quand il n’y a pas de concession familiale ou qu’elle est pleine. Plus le caveau (1 500 à 3 000 euros). Et aussi d’éventuelles marbreries, qui font s’envoler l’addition.
À noter que quand la famille n’a pas les moyens de payer les obsèques, c’est la mairie qui prend en charge les frais.

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